Comment freiner le vieillissement du cerveau?


Diététique :

En vieillissant, le cerveau rétrécit ; la mémoire, le langage, le raisonnement sont affectés. Nos conseils alimentaires pour préserver la santé cérébrale.

Depuis les années 70, l’espérance de vie a beaucoup augmenté dans le monde, où l’on a gagné au moins dix années d’existence. Mais le cerveau commence à montrer des signes de vieillissement avant 30 ans, avec un volume et un poids qui se mettent à diminuer, entraînant progressivement la perte de capacités. Les années gagnées pourraient donc représenter un risque accru de développer des maladies mentales. Sauf si l’on agit pour retarder les effets du vieillissement sur notre cerveau. Voici quelques pistes issues de la recherche récente.

Cuisiner à l’huile d’olive

Une nouvelle étude parue dans l’European Journal of Nutrition montre que l’huile d’olive extra vierge, riche en polyphénols, peut avoir un effet bénéfique sur l’expression des gènes liés à la fonction cérébrale. Les chercheurs ont en effet montré que la consommation d’huile d’olive extra-vierge ayant une teneur élevée en polyphénols était associée à des améliorations dans la coordination, la mémoire et les comportements liés à l’anxiété chez des souris.

Les souris âgées de 10 mois (une souris vit deux ans en moyenne) ont reçu pendant 6 mois, en plus de leur alimentation de l’huile d’olive extra-vierge soit riche en phénols soit dépourvue de phénols.

Les résultats montrent que les souris appartenant au groupe supplémenté en huile d’olive riche en polyphénols obtiennent de meilleurs résultats aux tests de coordination motrice que les souris de l’autre groupe. Leurs performances étaient en effet améliorées de 74% par rapport aux souris du groupe n’ayant pas reçu l’huile d’olive riche en polyphénols. Le comportement lié à l’anxiété et la mémoire spatiale étaient également améliorés dans le groupe supplémenté avec les polyphénols.

Le groupe supplémenté avec l’huile d’olive riche en polyphénols présentait des changements bénéfiques au niveau de gènes modulés par le vieillissement alors que l’inverse a été observé dans l’autre groupe. Et ces gènes sont justement connus pour exercer des actions neuroprotectrices.

« Le traitement à long terme avec des phénols d’huile d’olive pourrait devenir une stratégie neuroprotectrice pour la prévention du vieillissement du cerveau par l’intermédiaire de gènes favorisant la santé » disent les auteurs.

La teneur en ployphénols d’une huile d’olive est influencée par de nombreux facteurs parmi lesquels la date de récolte : les olives cueillies le plus tôt ont les taux les plus élevés. Veiller aussi à la qualité du récipient : l’idéal est un récipient en métal qui met l’huile à l’abri de la lumière. Le moins intéressant : plastique ou verre transparent.

 Suivre un régime méditerranéen

Selon les résultats d’une étude publiée dans la revue Neurology, une alimentation de type méditerranéen riche en fruits et légumes, en poissons, en huile d’olive et en légumineuses permettrait de retarder le rétrécissement du cerveau lors du vieillissement. Les chercheurs ont recueilli les données concernant 674 personnes, âgées en moyenne de 80 ans et ne présentant pas de signes de démence. Les participants ont répondu à un questionnaire alimentaire concernant leur alimentation lors de l’année écoulée puis ont passé un IRM du cerveau environ 7 mois après avoir répondu au questionnaire. Les participants ont été séparés en 2 groupes selon leur adhérence au régime méditerranéen.

Les personnes ayant un régime alimentaire riche en fruits et légumes frais, poissons, légumineuses et huile d’olive, qui consomment des quantités faibles à modérées d’alcool et qui mangent moins de viande et de produits laitiers ont un rétrécissement du cerveau plus faible que les personnes qui n’ont pas ce genre d’alimentation. Les personnes dont l’alimentation se rapprochait le plus du régime méditerranéen avaient un volume du cerveau plus important de 13,1 ml que ceux qui ne suivaient pas le régime méditerranéen. Leur volume de matière grise était 5 mL plus important et leur volume de matière blanche 6,41 mL plus grand. C’est la consommation élevée de poisson et la faible consommation du viande qui influencent le plus cette association.

Faire la part belle aux oméga-3

Concernant le poisson, justement, d’après une étude parue dans la revue Neurology et menée sur des femmes ménopausées, des niveaux élevés d’acides gras oméga-3 à longues chaînes permettraient de gagner une à deux années de santé cérébrale lors du vieillissement.

Les chercheurs ont voulu savoir si les niveaux d’acides gras oméga-3 étaient associés à des modifications du volume cérébral. L’équipe a analysé les données de 1 111 femmes qui faisaient partie de la Women’s Health Initiative Memory Study. Les niveaux d’EPA et de DHA ont été relevés dans le sang, et le volume cérébral mesuré par IRM 8 années plus tard, quand les femmes avaient en moyenne 78 ans.

Les participantes dont les niveaux sanguins d’acides gras oméga-3 étaient les plus élevés avaient un volume cérébral plus important. De plus, le volume de leur hippocampe était aussi 2,7 % plus élevé. L’hippocampe est l’aire cérébrale qui joue un rôle important dans la mémoire. Dans la maladie d’Alzheimer, l’hippocampe s’atrophie avant même l’apparition des symptômes.

Les acides gras oméga-3 à longues chaînes, comme l’EPA et le DHA, se trouvent notamment dans les poissons gras : hareng, sardine, saumon, maquereau. Eviter le thon, trop chargé en mercure (surtout thon blanc) ou menacé par la pêche intensive (thon rouge).

Si l’on est végétarien, il faut s’orienter vers la consommation régulière de noix, graines de lin, huiles de colza, cameline et lin. L’acide alpha-linolénique de ces aliments est converti par le corps en EPA et DHA à condition qu’on ne consomme pas à côté trop d’acides gras oméga-6 (produits céréaliers, huiles et margarines de tournesol, maïs, soja)…

Prendre des compléments vitaminiques

Dans une revue de la littérature scientifique parue dans le journal Nutrition, les auteurs montrent que l’utilisation de vitamines et d’oméga-3 représente une alternative efficace pour retarder le vieillissement du cerveau.

Etant donné qu’il n’existe pas de traitement à la démence et à la maladie d’Alzheimer en particulier, une stratégie alternative apparait donc prometteuse : conserver, aussi longtemps que possible, une population neuronale saine dans le cerveau vieillissant. Et un facteur important est l’apport optimal des nutriments nécessaires pour maintenir le fonctionnement normal du cerveau. A ce titre, les études scientifiques montrent les effets bénéfiques de l’acide docosahexaénoïque ou DHA (oméga-3), des vitamines du groupe B et des vitamines C, E, D sur le vieillissement du cerveau.

Avec l’âge, les apports en vitamines, minéraux, acides gras polyinsaturés sont souvent insuffisants. Si les besoins énergétiques diminuent, ce qui explique qu’on mange moins, les apports en micronutriments ne le sont pas, au contraire.

«Les études montrent que les personnes âgées ont des apports insuffisants en vitamines, notamment A, C, D, E, K et folates (B9), une situation qui peut être améliorée par la prise de suppléments vitaminiques » expliquent les auteurs. Cela est d’autant plus important que le cerveau est très actif métaboliquement, il a besoin de beaucoup d’énergie, ce qui le rend sensible à toute insuffisance métabolique causée par une pénurie de nutriments essentiels. Pour faire face aux dommages liés au stress et à l’âge, les apports en micronutriments et en antioxydants doivent être suffisants. Les vitamines C et E permettent de lutter contre les dégâts du stress oxydant.

 

Sources

Luceri C, Bigagli E, Pitozzi V, Giovannelli L. A nutrigenomics approach for the study of anti-aging interventions: olive oil phenols and the modulation of gene and microRNA expression profiles in mouse brain. Eur J Nutr. 2015 Dec 22. [Epub ahead of print]

Pottala JV, Yaffe K, Robinson JG, Espeland MA, Wallace R, Harris WS. Higher RBC EPA + DHA corresponds with larger total brain and hippocampal volumes: WHIMS-MRI Study. Neurology. 2014 Feb 4;82(5):435-42. doi: 10.1212/WNL.0000000000000080.

Gu, Yian PhD; Brickman, Adam M. PhD; Stern, Yaakov PhD; Habeck, Christian G. PhD; Razlighi, Qolamreza R. PhD; Luchsinger, Jose A. PhD; Manly, Jennifer J. PhD; Schupf, Nicole PhD; Mayeux, Richard MD; Scarmeas, Nikolaos MD. Mediterranean diet and brain structure in a multiethnic elderly cohort. Neurology, Publish Ahead of Print, 21 October 2015.

 Mohajeri MH, Troesch B, Weber P. Inadequate supply of vitamins and DHA in the elderly: Implications for brain aging and Alzheimer-type dementia. Nutrition. 2015 Feb;31(2):261-275. doi: 10.1016/j.nut.2014.06.016. Epub 2014 Jul 24.

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