Le nouvel étiquetage des aliments


Le nouvel étiquetage des aliments peut-il réduire massivement les infarctus ?

Selon des chercheurs français, l’adoption sur les emballages alimentaires de l’étiquetage nutritionnel à 5 couleurs réduirait considérablement le risque de maladies cardiovasculaires.

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Le Programme national nutrition santé (PNNS) préconise l’adoption en France d’un étiquetage des aliments industriels à 5 couleurs, du vert au rouge, pour guider les consommateurs vers les meilleurs choix pour leur santé. Il s’agit d’un premier pas vers un étiquetage plus accessible et plus compréhensible que les apports journaliers recommandés actuellement utilisés et souvent mal compris par les consommateurs. Mais cette mesure est combattue par l’industrie agro-alimentaire et la distribution, qui défend un autre système. Du coup, une pétition circule pour demander l’instauration de l’étiquetage à 5 couleurs.

Dans cette étude parue dans l’European Journal of Preventive Cardiology, des chercheurs français ont utilisé les données de la cohorte SU.VI.MAX suivie de 1984 à 2007 (1). A partir des données de consommation alimentaire, ils ont calculé un score moyen pour chaque individu. Ce calcul de score alimentaire repose sur le principe de calcul du logo à 5 couleurs, proposé en France mais pas encore entré en vigueur.

Les résultats sont impressionnants : une augmentation du score de un point (le score allant de 0 à 40, 40 étant le plus mauvais) engendrerait une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires de 14%. En augmentant son score de 10 points, on aurait donc une augmentation de son risque de 10×14= 140% ! L’effet était encore plus fort chez les fumeurs (39% de risque supplémentaire par point) et les moins actifs (26%). Améliorer son score en mangeant des aliments mieux notés par l’étiquetage coloriel permettrait donc de diminuer considérablement son risque cardiovasculaire.

Des résultats de cette amplitude sont-ils pour autant crédibles ? D’autres études internationales ont évalué les effets d’un étiquetage nutritionnel sur la santé, mais en faisant apparaître des bénéfices plus modestes. Ce qui paraît logique dans la mesure où l’alimentation n’intervient qu’en partie dans la santé cardiovasculaire (le tabac, la sédentarité, le stress, l’exposition aux polluants jouent aussi). De plus, quel que soit le type d’étiquetage, il est difficile de rendre compte fidèlement de toutes les propriétés positives ou pas d’un aliment (lire encadré). Un autre problème vient du fait que les personnes promouvant l’étiquetage à 5 couleurs sont aussi celles ayant conduit l’étude. 

Malgré tout, ces résultats suggèrent que des choix alimentaires plus judicieux contribuent à réduire le risque de maladies cardiovasculaires, ce qui a été établi par d’autres études. 

Le score nutritionnel à 5 couleurs est incontestablement un pas dans la bonne direction : il identifie correctement « bons » et « mauvais » aliments dans deux cas sur trois, selon nos pointages. Mais il est pris en défaut le reste du temps. La raison en est qu’il présente plusieurs faiblesses majeures. Il ne prend pas en compte des critères importants comme l’index glycémique (IG), l’équilibre entre acides gras (hors acides gras saturés), les teneurs en micronutriments, la présence d’additifs, arômes et autres « auxiliaires technologiques » potentiellement problématiques et qui surtout attestent d’une qualité nutritionnelle globale médiocre. Ensuite, le calcul est est le même pour toutes les catégories d’aliments. Or, comment comparer de l’huile d’olive à des biscuits ? Il serait plus judicieux d’afficher un score permettant de choisir l’aliment le plus sain dans une même gamme, c’est-à-dire un score spécifique à chaque catégorie d’aliment. Ce score aiderait les industriels à se positionner face à la concurrence en améliorant la composition de leurs produits. Par exemple, dans le guide Le bon choix au supermarché nous procédons par comparaison entre produits du même rayon. Nous tâchons aussi de prendre en compte l’IG et la présence d’additifs/arômes et autres « auxiliaires de fabrication » pour juger de la qualité d’un produit. Nous donnons aussi des règles simples pour juger de l’intérêt d’un produit industriel, même s’il ne figure pas dans nos sélections .  

Référence

Solia Adriouch,Chantal Julia,Emmanuelle Kesse-Guyot,Caroline Méjean,Pauline Ducrot,Sandrine Péneau,Mathilde Donnenfeld,MélanieDeschasaux,Mehdi Menai,Serge Hercberg, MathildeTouvier,Léopold K Fezeu. Prospective association between a dietary quality index based on a nutrient profiling system and cardiovascular disease risk. Avril 2016. European Journal of Preventive Cardiology.

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