Le petit déjeuner en question?


Le petit déjeuner est-il vraiment le repas « le plus important » de la journée ?

L’idée qu’il ne faut pas sauter le petit-déjeuner repose surtout sur des études biaisées ou financées par l’agro-business

De nombreuses personnes pensent qu’il ne faut pas sauter le petit déjeuner au risque de prendre du poids, avoir un infarctus et bien d’autres horreurs. De fait, c’est ce que montrent des études en apparence sérieuses. Une étude de 2013 publiée dans Circulation a constaté par exemple que les hommes qui sautaient le petit déjeuner avaient un risque significativement plus élevé de maladie coronarienne que ceux qui le prenaient régulièrement. Mais, comme c’est le cas de presque toutes les études sur le petit-déjeuner, il s’agit d’une association, pas d’un lien de cause à effet.

Etudes biaisées

En réalité, conclut un article récent publié dans le New York Times, notre croyance en la toute-puissance du petit déjeuner est basée sur des travaux biaisés et mal interprétés. Dans un article publié dans The American Journal of Clinical Nutrition en 2013, des chercheurs ont analysé 58 études rapportant l’effet du petit-déjeuner sur l’obésité. Ils notent que les chercheurs en nutrition adorent publier des résultats montrant une corrélation entre sauter le petit déjeuner et l’obésité. 

Les études les plus fiables sont en réalité peu nombreuses. Elles montrent souvent que sauter le petit déjeuner avait peu ou pas d’effet sur la prise de poids, ou encore que ceux qui prenaient un petit déjeuner consommaient plus de calories. Pour l’un des auteurs, David Allison, si le fait de sauter le petit déjeuner est associé à  l’obésité, le lien de cause à effet n’a pas été démontré.

Sauter ou pas ?

Pour David Allison et ses collègues, une seule étude d’intervention de plusieurs mois a réellement testé l’effet du petit déjeuner dans la perte de poids. Il s’agit de travaux datant de 1992 qui ont été menés par l’université de Vanderbilt. Des femmes modérément obèses (IMC moyen de 30,6) et âgées de 18 à 55 ans ont suivi un programme amaigrissant de 12 semaines. Certaines devaient manger au petit déjeuner et d’autres non ; les deux programmes incluaient la même quantité de calories.

Résultats : Les femmes qui avaient l’habitude de sauter le petit déjeuner ont perdu 7,7 kg en incluant un petit déjeuner, et 6 kg en continuant à sauter ce repas. Celles qui avaient l’habitude de prendre un petit déjeuner et à qui on a demandé de le sauter ont perdu 8,9 kg, et 6,2 kg en continuant de manger au petit déjeuner. Conclusion : les participantes qui ont perdu le plus de poids sont celles qui ont changé leurs habitudes de petit déjeuner…  Or une cinquantaine d’articles citent l’étude Vanderbilt, et la plupart pour affirmer que le petit déjeuner protège de la prise de poids.

Dans une autre étude de 2014, on a demandé à ceux qui sautaient habituellement le petit déjeuner  d’en prendre un, et à ceux qui avaient l’habitude de le prendre, d’y renoncer. Résultats : aucune différence de perte de poids.

L’industrie agro-alimentaire à la manoeuvre

Bon nombre des études qui concluent à l’intérêt du petit déjeuner pour la santé sont financées par l’industrie agro-alimentaire. Kellogg a financé une étude très citée qui assure que les personnes qui mangent des céréales pour le petit déjeuner sont plus minces. Pas en reste, le vendeur d’avoine Quaker Oats (qui appartient à Pepsi) a financé une autre étude. Résultat : les personnes qui sautent le petit déjeuner ont plus de cholestérol que celles qui mangent des flocons d’avoine ou des corn flakes recouverts de sucre (et si vous ne sautez pas de petit déjeuner, autant que celui-ci comprenne des céréales : Conclusion d’une revue de 14 études, toutes, sauf une, financées par les industriels).Toutes ces études truffées de conflits d’intérêt sont probablement biaisées.

L’industrie laitière américaine n’oublie pas ses propres intérêts : elle pousse pour la généralisation du petit déjeuner pris à l’école, avec son programme Fuel Greatness.

Il semble que la seule conclusion à tirer de cela, c’est que si vous avez faim le matin, il vaut mieux déjeuner. Si vous n’avez pas faim, laissez tomber.

Il n’y a pas plus de raison de forcer un enfant par ailleurs bien nourri, qui se développe harmonieusement, à manger le matin les jours où il n’a pas faim. Un cas bien sûr différent de celui de l’enfant qui part à l’école le ventre vide alors qu’il aurait volontiers avalé une collation.

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