La vitamine D protégerait de l’autisme


CIEL

Atlantic herring on white

Salted atlantic herring isolated on white background

Le manque de vitamine D pendant la grossesse, chez la mère comme chez l’enfant, expose à un risque accru d’autisme. Des suppléments seraient bénéfiques.

Le lien entre la vitamine D et l’autisme a déjà été évoqué : par exemple une étude suggère que la consommation de poissons riches en vitamine D durant la grossesse réduirait le risque d’autisme chez l’enfant. Les données indiquent également que l’autisme est plus fréquent dans les régions où le rayonnement UVB est plus faible comme les villes, les zones avec une pollution atmosphérique importante ou celles qui enregistrent des pluies fréquentes (la vitamine D est synthétisée par la peau sous l’influence des rayons UVB). Par ailleurs, les enfants autistes sont souvent carencés en vitamine D.

Une nouvelle étude apporte des preuves supplémentaires à l’hypothèse selon laquelle manque de vitamine D et autisme sont liés. Des chercheurs montrent en effet qu’un déficit en vitamine D pendant la grossesse est associé à un risque accru d’autisme chez les enfants à l’âge de 6 ans. Pour les auteurs de l’article, une supplémentation -peu coûteuse- en vitamine D pour les mères à risque serait justifiée. Leurs résultats sont publiés dans la revue Molecular Psychiatry.

Le trouble du spectre autistique (TSA) est caractérisé par des comportements répétitifs ou stéréotypés et des relations sociales altérées. Plusieurs études montrent que le risque d’autisme est influencé par des facteurs environnementaux comme l’exposition prénatale à la pollution ou aux infections. Et l’intérêt des chercheurs pour identifier des facteurs modifiables du risque d’autisme est grandissant.

« Le déficit en vitamine D pendant la grossesse représente également un facteur de risque potentiel. Des concentrations optimales en vitamine D sont en effet nécessaires pour la fonction cérébrale » expliquent les auteurs.

« Bien que plusieurs études aient évalué le statut en vitamine D chez des enfants atteints de troubles du spectre autistique et qu’une étude ait comparé le statut néonatal en vitamine D d’enfants atteints de TSA à celui de leurs frères et sœurs non atteints, aucune étude n’a pour l’instant étudié l’association entre le déficit gestationnel en vitamine D et l’autisme ou des caractéristiques liées à l’autisme » disent les auteurs.

Les chercheurs ont étudié chez 4229 couples mères/enfants, l’association entre le déficit en vitamine D pendant la grossesse et la présence de caractéristiques liées à l’autisme chez l’enfant à l’âge de 6 ans déterminées grâce à la Social Responsiveness Scale, une échelle qui mesure la gravité des traits liés à l’autisme dans la population générale. Le statut en vitamine D a été déterminé par des tests sanguins à mi-grossesse et à la naissance grâce à des prélèvements de sang au niveau du cordon.

Les femmes ayant de faibles niveaux (25OHD3<25nmol/L) de vitamine D à la 20ème semaine de grossesse étaient plus susceptibles d’avoir un enfant présentant des troubles autistiques à l’âge de 6 ans. De la même façon, les enfants qui manquaient de vitamine D à mi-grossesse avaient 3,8 fois plus de risque de présenter des troubles autistiques que ceux qui avaient suffisamment de vitamine D.

Ces résultats constituent une preuve supplémentaire qu’il existe un lien entre de faibles niveaux de vitamine D, la croissance cérébrale et les troubles de développement neurologique. « Prendre des suppléments de vitamine D pourrait réduire l’incidence de l’autisme, tout comme la prise de folates réduit le risque de spina bifida ».

Cette étude vient s’ajouter à celles déjà existantes qui montrent l’impact de facteurs environnementaux sur le risque d’autisme. Par exemple, les femmes enceintes les plus exposées à la pollution ou aux pesticides ont un risque plus élevé d’avoir un enfant autiste.

Outre la vitamine D, la vitamine B9 (folates, ou acide folique sous sa forme synthétique) pourrait également diminuer le risque d’autisme. Prise avant et pendant la grossesse, la vitamine B9 permettrait de diminuer de 40% le risque de donner naissance à un enfant autiste.

Comment la vitamine D agirait-elle ? Plusieurs mécanismes ont été évoqués, en particulier par le Pr Bruce Ames (université de Californie, Berkeley). Partant du fait que les enfants autistes ont des taux élevés de sérotonine (un messager chimique de l’humeur) dans le sang, mais des taux faibles dans le cerveau, il a montré que la vitamine D régule la production de sérotonine au cours du développement du cerveau. La sérotonine est synthétisée par une enzyme appelée tryptophane hydroxylase (TPH). Dans le cerveau, l’activcité de la TPH est stimulée par la vitamine D, mais en périphérie, elle est inhibée par cette vitamine. Ainsi la vitamine D préviendrait l’autisme en régulant le niveau de sérotonine.

Source

Vinkhuyzen, Eyles DW, Burne TH, Blanken LM, Kruithof CJ, Verhulst F, Jaddoe VW, Tiemeier H, McGrath JJ. Gestational vitamin D deficiency and autism-related traits: the Generation R Study. Mol Psychiatry. 2016 Nov 29. doi: 10.1038/mp.2016.213. [Epub ahead of print]

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